Der Drache mit den fünf Köpfen
Vor langer Zeit lebte in den Sümpfen zwischen Miécourt und Fregiécourt ein Drache. Die Menschen zwischen Cornol und Asuel lebten in Angst und Schrecken, denn das Ungeheuer brachte Krankheit und Tod über das Land. Es liess sich nur besänftigen, wenn man ihm jedes Jahr eine junge Frau opferte. Viele Mädchen hatten schon ihr Leben gelassen und die Sorge, wessen Tochter das Los treffen würde, war gross.
In einem Jahr traf das Los die Tochter des Grafen von Asuel. Der Schrecken war gross, denn die junge Frau war nicht nur schön, sondern hatte ein gutes Herz. Ihr Vater jedoch wollte sie nicht hergeben. Deshalb liess er ausrufen: «Wer den Drachen mit den fünf Köpfen besiegen kann, bekommt meine Tochter zur Frau!»
Aber kein junger Mann wollte sein Leben opfern und den Kampf gegen dieses Ungeheuer aufnehmen. So kam der Tag, an dem die junge Frau das Schloss verliess und machte sich ganz allein zur Höhle des Drachens begab.
Gerade zu dieser Zeit war ein junger Mann auf der Jagd. Pierra lebte schon lange mit seiner Familie im Wald verborgen vor einem bösen Lehnsherrn, der seinen Vater getötet und sie alle von ihrem Land verjagt hatte. Pierra hatte ein mutiges Herz, scharfe Augen und gute Ohren. Sein einziger Begleiter war sein treuer Hund Brisefer. Als er Schritte auf dem raschelnden Laub hörte, erblickte er die junge Frau und fragte sie: «Was machst du ganz allein hier im Wald?»
«Ich bin auf dem Weg zum Drachen mit den fünf Köpfen. Das Los ist auf mich gefallen, und so werde ich heute mein Leben lassen, um das der anderen zu schützen.»
Erschrocken rief Pierra: «Niemals lasse ich zu, dass der Drache dich verschlingt! Warte hier, denn ich werde mich dem Ungeheuer stellen. Ich bitte nur um eines: Heirate mich, wenn es mir gelingt, den Drachen zu töten!»
Da lächelte die junge Frau über den Mut des jungen Mannes und sagte: «Wenn es dir gelingt, so komm zum Schloss Asuel. Ich werde auf dich warten.»
So machte sich Pierra auf den langen Weg zur Höhle des Drachens. Schon hörte er ihn schnaufen wie ein Sturm, und aus seinen fünf Köpfen stieg zischender Dampf auf. Pierra war ein guter Bogenschütze, und so traf er vier der fünf Köpfe. Doch dann brach sein letzter Pfeil. Da zog er sein Messer hervor und schlug dem Drachen den fünften Kopf ab. Mit letzter Kraft schnitt er die Zungen aus den Drachenköpfen, nahm sie mit sich und machte sich auf den Heimweg.
Währenddessen kam die junge Frau auf ihrem Heimweg am Kloster Lucelle vorbei. Dort traf sie einen Pilger und erzählte ihm ihre ganze Geschichte. «Geh du nur ruhig zurück zum Schloss. Ich werde nach dem jungen Mann sehen und ihm helfen.»
Bald schon kam der Pilger zum Sumpf, wo der Drache tot am Boden lag. Er zog einen Dolch hervor, schnitt dem Drachen die Köpfe ab und brachte sie zum Schloss, wo grosser Jubel losbrach. Der Graf ordnete eine grosse Feier an und versprach dem Pilger seine Tochter zur Frau.
Verzweifelt sass die junge Frau im Schloss. Wie oft sie auch beteuerte, dass dieser nicht ihr Retter sei, sondern ein Betrüger, es wollte ihr niemand glauben.
Am nächsten Tag machte sich der junge Pierra ebenfalls auf den Weg zum Schloss. Man wollte ihn nicht einlassen, doch sein Hund Brisefer überwand alle Hindernisse und gelangte zur Tochter des Grafen. Sie erkannte ihn sogleich wieder und liess den jungen Mann holen. Nun standen sie beide vor dem Grafen.
«Ich habe den Drachen getötet», sagte der Pilger. «Hier sind die Köpfe als Beweis.»
Da holte Piera die Drachenzungen hervor und sagte: «Schaut nach, denn ich besitze die fehlenden Zungen.»
So kam der Betrug ans Licht. Der Pilger wurde davongejagt und der junge Piera heiratete bald darauf die junge Tochter des Grafen von Asuel. Nun konnte er auch seine Familie auf das Schloss holen und sie lebten noch lange glücklich und ohne Sorgen.
Fassung Djamila Jaenike, nach: «Le Monstre à cinqe Têtes» aus: Joseph Beuret-Frantz, Sous les vieux toits, Légendes et contes jurassiens. Porrentruy, 1949. Aus dem Französischen übersetzt, und neu gefasst unter Mitwirkung von Michèle M. Salmony Di Stefano © Mutabor Verlag, www.maerchenstiftung.ch
Le dragon à cinq têtes
Il y a très longtemps, un dragon vivait dans les marais entre Miécourt et Fregiécourt. Les habitants entre Cornol et Asuel vivaient dans la peur et la terreur, car le monstre semait la maladie et la mort dans le pays. La colère du dragon ne pouvait être apaisée qu’avec le sacrifice d’une jeune femme chaque année. De nombreuses jeunes filles avaient déjà perdu la vie et l'inquiétude était grande quant à savoir quelle fille serait désignée la prochaine fois.
Cette année, le sort tomba sur la fille du comte d'Asuel. Le désespoir était grand, car la jeune femme était non seulement belle, mais aussi dotée d'un grand cœur. Son père ne voulait absolument pas la sacrifier. Il fit donc proclamer : « Celui qui vaincra le dragon à cinq têtes aura ma fille pour épouse ! »
Aucun jeune homme ne voulait sacrifier sa vie et se battre contre ce monstre. Le jour arriva. La jeune femme quitta le château, et se dirigea toute seule vers la grotte du dragon.
À ce moment-là, Pierra, un jeune homme chassait dans la forêt. Depuis longtemps, Pierra et sa famille vivait caché dans la forêt. Un seigneur maléfique avait tué son père et chassé toute la famille de leurs terres. Pierra avait un cœur courageux, une vue perçante et une ouïe fine. Son seul compagnon était son chien fidèle Brisefer. Entendant des pas sur les feuilles mortes, il remarqua la jeune femme et lui demanda : « Que fais-tu toute seule ici dans la forêt ? »
« Je me rends auprès du dragon à cinq têtes. Le sort m'a désignée, et je vais donc donner ma vie aujourd'hui pour protéger la vie des habitants de la région. »
Effrayé, Pierra s'écria : « Jamais je ne laisserai le dragon te dévorer ! Attends ici, je vais affronter le monstre. Je ne te demande qu'une chose, épouse-moi si je réussis à tuer ce dragon ! »
La jeune femme sourit devant le courage du jeune homme et dit : « Si tu réussis, viens au château d'Asuel. Je t'attendrai. »
Pierra se mit donc en route pour la longue marche qui le menait à la caverne du dragon. De loin déjà il l'entendait souffler le monstre comme une tempête. De la vapeur sifflante s'élevait de ses cinq têtes. Pierra était un bon archer, et il toucha quatre des cinq têtes avec ses flèches. Malheureusement, la cinquième flèche se brisa. Il sortit son couteau et trancha la cinquième tête du dragon. Avec un dernier effort, il coupa les langues des cinq têtes du dragon et les mis dans sa poche. Puis il prit le chemin du retour.
Pendant ce temps, sur son chemin de retour, la jeune femme passa devant le monastère de Lucelle. Elle y rencontra un pèlerin et lui raconta toute son histoire. « Retourne tranquillement au château, lui disait celui-ci, je vais rejoindre ce jeune homme et l'aider. »
Le pèlerin arriva bientôt au marais où gisait la carcasse du dragon à cinq têtes . Il sortit un poignard, coupa les têtes du dragon. Il les apporta au château, où une grande liesse éclata. Le comte organisa une grande fête et promit au pèlerin sa fille en mariage.
La jeune femme était assise dans le château, désespérée. Elle affirmait sans cesse que ce pèlerin n'était pas son sauveur, mais un imposteur. Personne ne voulait la croire.
Le lendemain, le jeune Pierra arriva aussi au château. On ne voulait pas le laisser entrer, mais son chien Brisefer surmonta tous les obstacles et parvint jusqu'à la fille du comte. Elle le reconnut immédiatement et ordonna de faire entrer le jeune homme au château. Tous deux, le Pèlerin et Pierra furent présentés devant le comte.
« J'ai tué le dragon », dit le pèlerin. « Voici les têtes comme preuve. »
Pierra sortit alors les langues du dragon de sa poche : « Regardez, je possède les langues manquantes, qui pensez -vous a tué le dragon ?»
La supercherie fut ainsi dévoilée. Le pèlerin fut chassé du château et le jeune Pierra épousa la jeune fille du comte d'Asuel. Il fit venir tout sa famille au château et ils y vécurent longtemps, heureux et sans soucis.
Fassung D. Jaenike, aus: Joseph Beuret-Frantz, Sous les vieux toits, Légendes et contes jurassiens. Porrentruy, 1949, Rückübersetzung ins Französische: A. Lerch © Mutabor Verlag