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Die Stiftung für Märchen und Erzählkultur

Réol, der Schmied

Land: Schweiz
Kanton: Jura
Kategorie: Legende

In der Nähe von Undervelier lebte der Schmied Réol. Er war weithin bekannt für sein Schmiedehandwerk. In seiner Schmiede hing denn auch ein Bild des Heiligen Elegius, des Schutzpatrons der Schmiede. Mit der Kirche tat sich Réol jedoch schwer. Er arbeitete, auch wenn die Gläubigen sonntags in der Kirche waren, und nicht selten hörte man ihn die schlimmsten Flüche ausstossen. «Der ist mit dem Teufel im Bunde», schimpften manche Leute.

An einem Sonntag ging Réol das Eisen aus. In jenen Tagen war Auget Postkurier. Réol bat ihn diesen, ihn nach Basel zu bringen, um Eisen zu holen und versprach ihm auch einen guten Lohn. Für genügend Geld und ein Gläschen Wein war Auget immer zu haben, und so fuhren sie los.

Am Abend erschien ein zerzauster Auget im Wirtshaus und erzählte von seinem Erlebnis: «Ich fuhr mit Réol los, aber bald trieb dieser die Pferde so stark an, dass Feuer und Schwefel aus ihren Nüstern aufstiegen. Sie erhoben sich in die Luft und wir flogen mit der Kutsche über Soyhières Richtung Basel. Wir flogen über eine Höhle am Ende des Birstals, als ich auf einmal Feuer sah. Da wusste ich, dass der Teufel unsere Seelen holen wollte. Schnell bekreuzigte ich mich und dann wurde mir schwarz vor Augen. Als ich wieder zu mir kam, lag ich auf einer Wiese neben der Marienkapelle, die Pferde weideten friedlich im Gras. Ich fuhr nach Hause und gleich zur Schmiede. Dort sah ich, wie Réol mit dem Teufel kämpfte. Der Teufel hielt einen Vertrag in der Hand und wollte den Schmied mitnehmen. Aber dann, ihr werdet mir nicht glauben, was ich gesehen habe.»

«Was hast du gesehen?», riefen die Leute. «Erzähl, erzähl!»

«Dann habe ich durch das Fenster gesehen, wie der Heilige Elegius aus dem Bild stieg, sich zwischen den Schmied und den Teufel stellte, den Vertrag zerriss und ihn ins Feuer warf. Es gab einen grossen Funken und der Teufel verschwand mit einem lauten Schrei.»

«Ja und dann?»

«Dann sprach der Heilige zu Réol: ‹Mit deinen Händen hast du Kunst für die Ewigkeit erschaffen, wie die eisernen Kreuze auf den Kirchtürmen. Diese Gabe ist dein Gebet. Fürchte dich nicht vor dem Teufel, sondern diene Gott weiter mit deiner Schmiedekunst.› Danach segnete er Réol und stieg wieder in sein Bild.»

«Der Heilige hat ihn gesegnet?», fragten die Leute ungläubig.

«Er hat ihn gesegnet», sagte Auget und die Leute schwiegen ehrfürchtig. 

Schon am nächsten Tag machte die Geschichte die Runde.

Von da an schimpfte niemand mehr über den Schmied, und auf der Kirche von Undervelier kann man bis heute ein geschmiedetes Kreuz aus Eisen bewundern.

Fassung Djamila Jaenike, nach: " Réol le Forgeron "  aus: Joseph Beuret-Frantz, Sous les vieux toits, Légendes et contes jurassiens. Porrentruy, 1949. Aus dem Französischen übersetzt, und neu gefasst unter Mitwirkung von Michèle M. Salmony Di Stefano © Mutabor Verlag, www.maerchenstiftung.ch

 

Réol, le forgeron

Le forgeron Réol vivait près d'Undervelier. Il était réputé pour son talent de forgeron. Dans sa forge était accrochée au mur une image de Saint Éloi, le saint patron des forgerons. Toutefois Réol avait du mal avec l'Église et ces rituels. Il travaillait même le dimanche pendant que les villageois se rendaient à la messe. Il n'était pas rare de l'entendre même proférer les pires jurons. « Il est de mèche avec le diable », maugréaient certains.

Un dimanche, Réol fut à court de fer. À cette époque, Auget était coursier postal. Réol lui demanda de l'emmener à Bâle pour aller chercher du fer et lui promit une bonne récompense. Auget était toujours partant pour un peu d'argent et un verre de vin, et ils se mirent donc en route.

Le soir, Auget arriva à l'auberge, les cheveux tout ébouriffés et il raconta son expérience : « Je suis donc parti avec Réol direction Bâle. Mais Röol a poussé les chevaux tellement que du feu et du soufre s'échappaient de leurs naseaux. Les chevaux se sont élevés dans les airs et dans noter calèche nous avons survolé Soyhières en direction de Bâle. Quand nous passions en dessus d’une grotte au bout de la vallée de la Birse, j’ai vu du feu. J'ai tout de suite compris que le diable venait chercher nos âmes. J’ai rapidement fait le signe de la croix, puis, tout est devenu noir devant mes yeux. Quand je suis revenu à moi, j'étais allongé dans un pré à côté de la chapelle Sainte-Marie. Les chevaux broutaient paisiblement à côté. Je suis rapidement rentré chez moi et je me suis directement rendu à la forge. Par la fenêtre, j'ai vu Réol se battre contre le diable. Le diable brandissait un contrat dans sa main et voulait emmener le forgeron en enfer. Mais ensuite, vous n’allez pas me  croire ce que j'ai vu. »

« Qu'as-tu vu ? », s'écrièrent les gens. « Raconte, raconte ! »

« Puis, par la fenêtre, j'ai vu Saint Éloi sortir du tableau, se placer entre le forgeron et le diable, saisir le contrat et le jeter au feu. Il y eut une grande étincelle et le diable disparut en poussant un grand cri. »

« Oui, et ensuite ? »

« Ensuite, le saint dit à Réol : « De tes mains, tu as créé un art éternel, comme les croix de fer sur les clochers des églises. Cet art est ta prière. Ne crains pas le diable, mais continue à servir Dieu avec ton art de forgeron. » Puis il bénit Réol et retourna dans son tableau. »

« Le saint l'a vraiment béni ? », demandèrent les gens, incrédules.

« Il l'a béni », dit Auget, et les gens se turent, emplis de respect.

Dès le lendemain, l'histoire fit le tour du village.

À partir de ce moment-là, plus personne ne critiqua le forgeron, et aujourd'hui encore, on peut admirer une croix en fer forgé sur l'église d'Undervelier.

Fassung D. Jaenike, aus: Joseph Beuret-Frantz, Sous les vieux toits, Légendes et contes jurassiens. Porrentruy, 1949, Rückübersetzung ins Französische: A. Lerch © Mutabor Verlag