Das Recht des Vogtes
Früher herrschten Vögte über die Menschen von Rocourt. Einer von ihnen war für seine Härte besonders berüchtigt, Henry de Rocourt. Oft hörte man ihn sagen: «Nur Gott steht über mir, sonst niemand!»
Die Leute von Rocourt fürchteten ihn. Sie wurden wie Leibeigene behandelt und hatten keine Rechte. Bittsteller wies der Vogt nach seiner Laune ab. Wenn es ihm passte, verkaufte er Männer aus der Gegend als Knechte auf dem Markt von Porrentruy. Wer flüchtete, wurde er von seinen Bütteln zurückgeholt. Für eine Heirat war die Zustimmung des Vogtes nötig. Vor diesem Urteil fürchteten sich die Verlobten. Denn, gefiel ihm die Braut, teilte er sie einem seiner Brüder zu, oder er behielt sie bei sich als Magd.
Nun lebte in Rocourt eine junge Frau, die einem Mann aus Fahy versprochen war. Beide Familien waren trotz der hohen Abgaben an den Vogt nicht arm. Die Brautleute waren sich sehr zugetan und freuten sich auf die Hochzeit. Aber als die Hochzeitsgesellschaft auf dem Weg zur Kirche von Fahy war , ritten die Büttel des Vogts daher, entführten die Braut und brachten sie in das Schloss des Vogts
«Du wirst meinen Neffen heiraten», sagte der Vogt. Doch die junge Frau weigerte sich standhaft. Da liess der Vogt sie im Kerkerturm einsperren. Jeden Tag sucht er sie auf und fragte drohend: «Nun, bist du endlich einverstanden?» Doch die junge Frau weinte nur und gab nicht nach.
Der Vogt hatte bald keine Geduld mehr und er griff zu einer List: «Dein Verlobter ist gestorben. Du hast die Wahl: Du kannst für immer im Kerker bleiben oder meinen Neffen heiraten.»
Da willigte die junge Frau endlich ein. Es wurde Hochzeit gefeiert und sie zog mit ihrem Mann in ein anderes Schloss.
So verging einige Zeit. Da erkrankte ihr Mann und starb bald darauf. Nun war die junge Frau Witwe und trauerte immer noch ihrer ersten Liebe nach.
Eines Tages meldete die Dienerin einen Bettler vor dem Tor, der um einen Schluck Wasser bat. Die Schlossherrin befahl, dem Bettler einen Becher Wein zu bringen. Sie sah vom Fenster aus, wie der Bettler den Wein dankbar trank und am Ende etwas in den Becher fallen liess.
«Bringt den Becher eurer Herrin und sagt ihr meinen Dank», sagte er zur Dienerin.
Als diese den Becher brachte, sah die Schlossherrin ihren Verlobungsring im Becher liegen. Sie nahm den Ring und rief den Bettler zurück. Jetzt gab er sich als ihren Verlobten zu erkennen. «Du lebst!», rief die Schlossherrin glücklich und die beiden fielen sich in die Arme.
Sie verkauften das Schloss und alle Güter und zogen gemeinsam in ein anderes Land. Wer weiss, vielleicht leben sie dort heute noch glücklich.
Und der Vogt von Rocourt? Sein Schloss ist heute zerfallen, nichts ist davon übriggeblieben. Aber die Menschen in Rocourt erzählen sich heute noch gerne diese Geschichte, die beweist, dass die Liebe stärker ist als jeder Vogt.
Nach "Le droit du Seigneur" aus: Joseph Beuret-Frantz, Sous les vieux toits, Légendes et contes jurassiens. Porrentruy, 1949. Aus dem Französischen übersetzt und neu gefasst von Mutabor Märchenstiftung, www.maerchenstiftung.ch
Le droit du Seigneur
Autrefois, les baillis régnaient sur les habitants de Rocourt. L’un d’eux était connu d`être particulièrement dur : Henry de Rocourt. On l’entendait souvent dire : « Seul Dieu est au-dessus de moi, personne d’autre ! »
Les habitants de Rocourt le craignaient. Ils étaient traités comme des serfs et n’avaient aucun droit. Il repoussait ceux qui venaient lui demander grâce selon son humeur et, quand cela lui convenait, il vendait des hommes de la région comme servantes au marché de Porrentruy. Ceux qui s’enfuyaient étaient ramenés par ses sbires. Le consentement du bailli était nécessaire pour se marier. Les fiancés redoutaient ce jugement. Car si la mariée lui plaisait, il l’attribuait à l’un de ses frères ou la gardait comme servante.
Dans ce temps vivait à Rocourt une jeune femme promise à un homme de Fahy. Malgré les impôts élevés qu’elles devaient payer au bailli, les deux familles n’étaient pas pauvres. Les futurs mariés s’aimaient beaucoup et se réjouissaient de leur mariage. Mais alors que le cortège nuptial se rendait à l’église de Fahy, les sbires du bailli les rattrapèrent, enlevèrent la mariée et l’emmenèrent au château.
« Tu épouseras mon neveu », dit le bailli. La jeune femme refusa catégoriquement. Le bailli la fit alors enfermer dans la tour. Chaque jour, il venait la voir et lui demandait d’un ton menaçant : « Alors, es-tu enfin d’accord ? » Mais la jeune femme pleurait et ne cédait pas.
Le bailli perdit bientôt patience et eut recours à une ruse : « Ton fiancé est mort. Tu as le choix, soit tu restes dans le cachot pour toujours ou tu épouses mon neveu. »
La jeune femme finit par accepter. Le mariage fut célébré et elle partit avec son mari dans un autre château.
Quelque temps passa. Son mari tomba malade et mourut peu après. La jeune femme était désormais veuve et pleurait toujours son premier amour.
Un jour, la servante annonça que un mendiant se trouvait devant la porte et demandait un peu d’eau. La dame du château ordonna qu’on lui apporte une coupe de vin. Elle observa depuis la fenêtre le mendiant qui buvait le vin avec gratitude et laissait finalement tomber quelque chose dans la coupe.
« Apportez cette coupe à votre maîtresse et remerciez-la de ma part », dit-il à la servante.
Lorsque celle-ci apporta la coupe, la dame y trouva sa bague de fiançailles. Elle la prit, rappela le mendiant. En ce moment la ,le mendiant révèla son identité . « Tu es vivant ! », s’écria-t-elle, heureuse, et les deux se jetèrent dans les bras l’un de l’autre.
Ils vendirent le château et tous leurs biens, puis partirent ensemble dans un autre pays. Qui sait, peut-être y vivent-ils encore aujourd’hui heureux.
Et le bailli de Rocourt ? Son château est aujourd’hui en ruines, il n’en reste plus rien. Mais les habitants de Rocourt aiment encore raconter cette histoire, qui prouve que l’amour est plus fort que n’importe quel bailli.
Fassung D. Jaenike, aus: Joseph Beuret-Frantz, Sous les vieux toits, Légendes et contes jurassiens. Porrentruy, 1949, Rückübersetzung ins Französische: A. Lerch © Mutabor Verlag