Un petit nain demande de la nourriture pour une vache d'hiver
Autrefois vivaient des nains dans les rochers des Alpes bernoises. Ils soutenaient les bergers, les aident à faire les foins et rendaient bien d'autres services précieux aux hommes et leurs animaux. En guise de remerciement, les bergers leurs posaient du lait et un peu de crème devant la porte.
Cet année, l’été était pluvieux et froid. Il y eut que peu de foin dans les granges. En automne, les vaches étaient si maigres qu’on pouvait compter leurs côtes sous la peau. A cette époque venait un nain à la cabane et demanda le berger : « Est-ce que tu me prêterais une vache pour l’hiver ? Je te la ramènerai au printemps. »
Le berger réfléchit un moment. Il se dit : « j’ai si peu de foins dans la grange, que je manquerai de fourrage en fin d’hiver. Peut-être le nain arrivera mieux de nourrir la vache pendant l’hiver que moi. Le berger accepta. Peu après, le nain disparut avec la vache en direction des rochers.
Au printemps, quand le berger arrivait avec ses vaches à l’alpage, le nain l’attendait déjà devant la cabane. Il avait mené la vache par le licol le long des rochers. Elle était bien nourrie, sa robe brillait et sa mamelle était pleines de lait. Le berger se réjouit et demanda : « Comment as-tu réussi de prendre soins d’elle pour qu’elle soit si saine et si grasse. Les miennes sont tout maigre après cet hiver rigoureux ? »
Le nain répondit :
« Je lui ai donné de la Muttnere et de l’Adelgras,
Le meilleur pour la vache et en quantité juste. »
Puis il offrit au berger un petit fromage et dit : « Prend bien soin de ce fromage, n’en coupe jamais plus que la moitié et tu en profiteras longtemps. » Puis le nain disparut. Le berger s’étonna de ce cadeau. Il fut encore plus étonné, lorsque le fromage redevenait entier chaque fois qu’il en coupait un morceau.
Un jour, les voisins vinrent aider le berger à faire les foins. Comme le veut la coutume, le berger prépara une collation pour les aides. Il mettait pain et fromage sur la table. Il oublia de préciser qu’il ne fallait couper que jusqu’au milieu du fromage. Les hommes affamés coupèrent morceau après morceau et bientôt, il ne resta plus rien de ce fromage miraculeux.