La graine de fougère
Un homme riche appris un jour, que la fougère fleurissait seulement à minuit pile dans la nuit de Saint-Jean. Les minuscules graines de la fougère recèlent un pouvoir secret. La personne qui les possède comprend le langage des animaux et reçoit tout ce qu’il désire. Mais seulement une personne qui ignore le secret peut trouver les graines. Le riche décida néanmoins de tenter sa chance. Le ciel était clair, les étoiles brillaient, lorsque le riche se mit en route vers la forêt pour trouver la fougère. Au moment où la cloche sonna minuit, un terrible orage éclata. La grêle tombait, la tempête faisaient rage, les arbres craquaient. Un éclair frappa précisément l’arbre sous lequel se tenait l’homme. Le riche s’évanouit et ne se réveilla que le lendemain matin. « Est-ce que j’ai rêvé ? », se demanda-t-il. Mais à côté de lui se trouvait l’arbre frappé par la foudre. C’était donc vrai, seul un ignorant pouvait trouver les graines de fougère magique.
Le riche réfléchit comment il pourrait mettre la main sur les graines de fougère magique. Le soir de Saint-Jean il appela son valet, qui était vraiment de bon cœur et lui ordonna : » Cette nuit tu amèneras le taureau dans la cabane du bas. Tu prendras le chemin à travers la forêt ». Le valet fut pour le moins étonné par cet ordre. Mais il alla chercher le taureau. Le riche savait bien que le chemin par la forêt passait à travers le champ de fougères. Pendant qu’il traversa avec le taureau les fougères, quelque chose tomba dans ses chaussures. C’était très gênant et faisait mal aux pieds. Au même moment, il entendit deux chiens aboyer : « Hé, hé », cria l’un.
« Quoi, quoi ? », aboya l’autre.
« Des voleurs viennent cette nuit cambrioler la ferme, mais je ne veux pas aboyer. »
« Pourquoi pas ? », aboya l’autre.
« Le maître a mangé de la bonne viande aujourd’hui et il ne m’a rien donné du tout. Je boude et je n’aboierai pas même si les voleurs viennent. » Le bon valet senti ces cheveux se dresser sur sa tête. Aussi vite que possible il reprit son chemin avec le taureau. Les pieds lui faisaient de plus en plus mal. Finalement, il s’arrêta, retira ses chaussures et les secoua vigoureusement. Maintenant, quel soulagement il n’y avait plus de gène aux pieds.
À l'aube, le valet arriva près de la cabane d’en bas avec le taureau. Le maître lui demanda avec curiosité : « As-tu vécu quelque chose de particulier cette nuit ? » Le valet raconta que quelque chose l'avait gêné dans sa chaussure. « Mais après avoir retiré et secoué mes chaussures, ça allait mieux. » Il n'eut pas le temps de dire un mot de plus. Son maître s'écria : « Oh mon Dieu, tu as enlevé les graines de fougère enchantée de tes chaussures. Si seulement tu l’avais gardé. J’obtiendrai tout ce que je pourrais souhaiter. »
À ce moment-là, la servante arriva et s’écria : « Maître, des voleurs sont entrés dans la maison ils ont tout volé ! »
« Oui, c’est bien ce qu’ont dit les chiens, cette nuit », dit le valet en acquiesçant. La servante fit alors rapidement un signe de croix sur son front pour que la raison revienne dans sa tête.
A partir de ce jour-là, le riche ne voulut plus jamais entendre parler des graines de fougère miraculeuse.