Mutabor Märchenstiftung

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L'oiseau bleu 

Land: Schweiz
Kanton: Jura
Kategorie: Zaubermärchen

Il était une fois un pauvre oiseleur qui gagnait sa vie en attrapant des oiseaux et en construisant des cages. L'argent lui permettait à peine de survivre et, une fois de plus, tous ses pièges étant vides, il décida de se pendre le dimanche soir à La Retenue.

Le dimanche matin, il voulut aller une dernière fois à Cortinat pour vérifier ses pièges. Et que vit-il : un magnifique oiseau bleu s'était pris dans ses filets. L'oiseau le regarda et lui dit : « S'il te plaît, libère-moi, tu ne le regretteras pas. »

Le pauvre homme soupira et dit : « Regarde-moi. Je suis si pauvre que même les souris n'entrent pas dans ma maison et que ma femme souffre de la faim. Ce soir, j'ai voulu me pendre parce que je n'ai pas piégé un seul oiseau depuis de nombreux jours. Toi, je peux bien te vendre, tu es mon dernier espoir ! »
« Libère-moi et tu ne manqueras plus de rien ! »

Le pauvre homme n'eut pas le cœur de le garder, relâcha l'oiseau et dit : « Je te donne ta liberté, mais ensuite, ce soir, je mettrai fin à mes jours. »

L'oiseau bleu s'envola vers un genévrier et dit : « Tu m'as rendu la liberté, je veux donc t'aider aussi. Chaque fois que tu seras dans le besoin, tu n'auras qu'à crier ‹ Oiseau bleu, aide-moi › et tes souhaits seront exaucés. »
« Eh bien, alors, cher oiseau bleu, aide-moi. »

A peine le pauvre avait-il prononcé ces mots que son sac fut rempli de perdrix et de cailles. Quelle joie ! L'homme rentra chez lui et, à partir de ce moment-là, il n'eut plus jamais à souffrir du besoin. Chaque fois qu'il avait un souhait, il criait « Oiseau bleu, aide-moi ! » Et l'oiseau bleu, qui était perché dans le prunier, lui offrit tout ce dont il avait besoin.

Bientôt, l'oiseleur eut une grande ferme, beaucoup de vaches, une calèche et il ne manqua de rien, tous ses vœux ayant exaucés. C'est alors que l'oiseau bleu disparut et qu'il ne le revit plus jamais. Certains disent que le chat l'a mangé. Mais peut-être s'est-il envolé pour aider d'autres personnes dans le besoin.

L'oiseleur et sa femme, eux, restèrent heureux. Et s'ils ne sont pas encore morts, ils le sont toujours.

Tiré de : G. Lovis, J. Surdez, Vieux Contes du Jura, Porrentruy 1991, « L'oiseau bleu ». Traduit du français et raconté à nouveau avec la participation de Maggie Rüeger 
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